Burkhalter

Jean Burkhalter est un architecte français né le 17 octobre 1895 à Auxerre et mort en 1982 à Blacy près d'Avallon. 


Autoportrait Huile sur papier marouflée sur carton 31 x 24 cm Cachet du monogramme en bas à droite J.B Provenance : Collection Gerald Schurr - Collection privée

En plus de l'architecture, cet artiste fut connu pour ses activités multiples et sa pratique des arts appliqués tout autant que des arts plastiques : décorateur, créateur de tissus, de couverts et de pièces d'argenterie, peintre notamment de fresques, professeur de dessin et de composition picturale.


Jean Burkhalter, soixante-dix motifs décoratifs en dix-huit planches - Collection Décors et couleurs, Album n° 2, Éditions Albert Lévy, Paris, s.d. In-folio comprenant 18 pochoirs en couleurs

Les familles Martel et Burkhalter étaient très proche. Joël Martel se mariera avec la sœur de l'architecte.

On trouve plusieurs exemples de création commune entre les frères Martel et Jean Burkhalter, comme la réalisation des monument aux morts d'Olonne-sur-Mer et de Saint Gilles Croix de Vie ou le monument à Claude Debussy à Paris.


Les monuments commémoratif d'Olonne-sur-Mer (ci-dessus) et de Saint Gilles Croix de Vie (ci-dessous) portent les signatures des sculpteurs Martel et de l'architecte Jean Burkhalter



Carte postale du monument à Claude Debussy dédicacée des frères Martel.


Sur la tranche de la partie droite du monument à Claude Debussy à Paris, figurent les noms de Jean Burkhalter, l'architecte, des frères Jan et Joël Martel, les sculpteurs et de P. Ferré le constructeur.

Né au sein d’une famille auxerroise de six enfants dont il était l’aîné, Jean Burkhalter fait partie d’un milieu aisé. Eugène, son père était grainetier sur la Place de l’Hôtel de Ville d'Auxerre. Orphelin très jeune de son père en 1912 et de sa mère, Jeanne Manifacier, en 1915, il part à Paris à l’âge de 18 ans. Au moment de l’ordre de mobilisation générale il est réformé pour raison de santé et peut s’inscrire en 1915 à l’École nationale supérieure des arts décoratifs où il poursuivra ses études jusqu’en 1919.



Cour de ferme (1919)



Jardin autour de Vézelay (1920)

Il entre à la maison Hénin (orfèvre) comme dessinateur, puis chez Coudyser où il apprend les techniques du tissage et de la tapisserie. L’artiste travaille simultanément pour les deux établissements et c’est en exposant des couverts et pièces d’argenterie éditées par Hénin qu’il participe pour la première fois au Salon des Artistes Décorateurs en 1919. 

En 1920, c’est à la Galerie des artistes modernes qu'il expose également des tissus, tandis qu'au Salon d’Automne puis, en 1921, au Salon de la Société nationale des beaux-arts il présente des peintures.



Tapis de Jean Burkhalter

Robert Mallet-Stevens et Pierre Chareau feront également appel à lui pour la création de différents modèles de tapis. Il dessinera d’ailleurs plusieurs modèles de tapis et de meubles qui seront édités par « La Boutique » de Pierre Chareau, 3 rue du Cherche-Midi à Paris, celui-ci ayant ouvert un magasin destiné à la fois à promouvoir ses créations et celles de ses amis, parmi lesquels Jean Lurçat et Hélène Henry.



Projet de tapis pour Pierre Chareau

Le berger, tapis avec Pierre Chareau


Tapis de Jean Burkhalter tissé par Hemsi (circa 1925)


Composition abstraite. Tapis au point noué en haute laine, à décor abstrait dans un camaïeu de bleu, brun, et rose sur fond beige (Circa 1928).


Aquarelle de Jean Burkhalter

A partir de 1921, il collabore avec deux autres entreprises pour la création et l’édition de toiles imprimées : la Décoration Intérieure Moderne (D.I.M.), fondée en 1919 par René Joubert et Georges Mouveau, le Caméléon, les Magasins Metz et Compagnie, mais aussi crée quelques modèles pour l’Atelier Primavera et celui du Studium Louvre. 

Il se marie en 1922 avec Gabrielle Ammann, dont il aura deux fils, après avoir accepté, pour deux ans, la chaire de dessin et de composition de l’école d’Art industriel de Grenoble.



Projet de vitrail (1922)



Fauteuil de Jean Burkhalter (1923) conçu pour la maison de Pol Abraham


Le pont de Claix (1923)

Il commence une étroite collaboration avec Jean et Joël Martel, participant notamment, avec Djo-Bourgeois, à la réalisation du monument du Jardin Claude-Debussy à Paris, ville où il retournera s'installer en 1924. 



Il dessine des meubles avec Pierre Chareau, deux affiches pour le film L'Inhumaine de Marcel L'Herbier, ceci de nouveau avec Djo-Bourgeois et pour les ateliers d'art des Grands Magasins du Printemps des poteries et du mobilier. 




Projet d'affiche pour l'Inhumaine


Un bahut vendéen signé de Joël Martel et Jean Burkhalter

En 1925, il participe à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris et s’affirme comme un des acteurs du mouvement moderne français en exposant une salle à manger en merisier et bois noir aux formes géométriques novatrices, éditée par Primavera sur le stand de Pierre Chareau.


Fauteuil de repos moderniste en merisier à dossier droit ajouré inclinable et accotoirs à manchettes plates moulurées, reposant sur quatre pieds de section carrée en bois teinté noir (Circa 1925).


Chauffeuse basse en collaboration avec Pierre Chareau

Durant l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, le Grand Prix hors concours et membre du Jury lui est décerné pour sa conception du stand de Pierre Imans, un célèbre fabricant de figures de cire (considérées désormais comme des mannequins de vitrine Art déco).



La boutique de Pierre Imans, primée à l'exposition des Arts décoratifs de 1925, de l'architecte Jean Burkhalter



Ensemble de mobilier 1928


Fauteuil de Jean Burkhalter (1930) 


Chaises de Jean Burkhalter (1930)


Dans les années qui suivent il adhère au Syndicat de la propriété artistique (l'ancêtre de la SPADEM), à L'Essor, association Loi 1901 sise à Dijon, connue également sous le nom d'Union des artistes et artisans d'art bourguignons, et il participe au Salon des Tuileries tout en étant membre actif de la SAD, Société des Artistes décorateurs, mais sa vocation est autre et il abandonne la SAD en 1929 pour se rapprocher de l'U.A.M., l'Union des artistes modernes dont il sera membre jusqu'en 1950. 


Porte-plante, une sculpture métallique de Jean Burkhalter, exposée lors de la rétrospective de l'UAM au Centre Pompidou en 2018


C’est à l’occasion de la première exposition de l’U.A.M. au Pavillon de Marsan en 1930 qu'il expose ses créations de mobilier métallique en tube émaillé, corde et osier, aux formes particulièrement novatrices. Il participera à quatre expositions de l’U.A.M. présentant du mobilier, des porte-fleurs, des tapis et tissus édités respectivement par « La Boutique » de Pierre Chareau, le magasin « Les fleurs de Nice » et Metz and Co.



Chaise longue de Jean Burkhalter dite " guidon de vélo ". Paris, Centre Pompidou - Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle


Jardinière métallique, à monture en arceaux, de Jean Burkhalter


Jeune femme en buste, nue de dos (1933) lavis et gouache

Après avoir exposé ses gouaches à côté des sculptures des frères Martel à la Galerie Art et Décoration en 1934, gouaches qui lui valurent un article du critique d'art belge Paul Fierens (1895-1957), il ne dessine plus de meubles et déménage à Auxerre pour se consacrer à sa fonction de Directeur de l'École municipale des Beaux-Arts d'Auxerre tout en enseignant le dessin et la composition, ce qui l'éloigne du milieu artistique parisien. Sollicité par la Manufacture nationale de Sèvres, neuf de ses modèles de décors pour vases et assiettes seront retenus.


Gouache de Jean Burkhalter


Scène de rue, peinture de Jean Burkhalter

Sous le Front Populaire, c'est uniquement en tant que peintre qu'il participe à l'Exposition universelle de 1937 et il obtient une médaille d'argent pour ses décors de pavillons.

En mars 1938, la municipalité d'Auxerre lui commande, pour sa Maison du peuple, des panneaux décoratifs et des fresques pour ses plafonds. La réalisation de deux panneaux de 14 mètres ainsi que d’une coupole où apparaissent les douze signes du zodiaque (dont un Lion qui ressemble à celui du blason d'Auxerre et en guise de Cancer une écrevisse bleue) durera de 1939 à 1942 et sont toujours visibles actuellement dans ce lieu devenu le Théâtre d'Auxerre.



Les fresques, des murs et du plafond avec les signes du zodiaque, réalisées par Jean Burkhalter pour la maison du peuple, devenue le théâtre d'Auxerre. Ces éléments sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.


Les toits de Paris

Ayant posé sa candidature, il est nommé, en 1944, au poste de directeur de l'École régionale des Beaux-Arts de Saint-Étienne.


Bateaux à quai peinture de Jean Burkhalter

Puis à partir de 1946 et pendant plus de quatorze ans, il devient Directeur de l’École d’Art Décoratif et du Musée national Adrien Dubouché qui se trouvaient à l'époque sur le même site à Limoges. Il produit alors de nombreuses peintures décoratives pour céramique et porcelaine.



Aquarelle de Jean Burkhalter. Village sous la neige

En 1953, il réalise plusieurs peintures murales, représentant notamment saint Martin au centre avec des anges de chaque côté, pour orner la nouvelle Église Saint-Martin d'Oradour-sur-Glane.

De retour dans l'Yonne en 1960, d'abord à Noyers-sur-Serein puis à Blacy, il participe au Cinquantenaire de l'Exposition de 1925 au Musée des Arts-décoratifs de Paris, du 15 octobre 1976 au 2 février 1977. Il meurt en 1982 à l'hôpital d'Avallon et est inhumé au cimetière de Blacy sous la pierre tombale qu'il avait lui-même dessinée.

Dans un de ses manuscrits intitulé « Ligne, surface, volume », jamais publié mais cité dans l'ouvrage de Laure Guillier et al., Jean Burkhalter avait écrit : L’art, pris dans son sens le plus général, est un jeu cérébral plus ou moins élevé, mais c’est un jeu… et c'est vraiment sur un très grand nombre de médiums qu'il a joué, sans doute jusqu'à La leçon d'Histoire Naturelle, une huile sur isorel de 70 x 100 cm datant de 1981.

Ses œuvres nombreuses et variées(aquarelles, sanguines, huiles...) appartiennent pour la plupart à des collections particulières.

Le port de Sormiou (Provence), huile sur toile, 65,5 x 100,5 cm - Acquisition de l'État, 1932, attribution au Musée du Luxembourg, 1934, mais actuellement non localisée comme, semble-t-il, quelques-unes de ses autres œuvres faisant partie des Dépôts d'Œuvre d'Art de l'État.

Études préparatoires aux fresques dites du Théâtre municipal d'Auxerre (1938-1939), huile et gouache sur isorel, fonds consultable sur rendez-vous au Musée-Abbaye Saint-Germain d'Auxerre

Peintures murales du Théâtre d'Auxerre et d'Oradour-sur-Glane.



Grande salle du Théâtre d'Auxerre avec les fresques de Jean Burkhalter réalisées entre 1939 et 1942




Danseurs


Lignes et surface II (Circa 1955)
  

Sur un rythme de Bach (1965)


Composition


Chez le coiffeur (1960)


Femme assisse


Le soleil jaune. Huile sur panneau


La maison de l'évêque vue du jardin


Maisons noires aux Martigues


Paysage de montagne


Projet gouaché


Vue de village