Affichage des articles dont le libellé est Monuments aux morts. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Monuments aux morts. Afficher tous les articles

Les monuments aux morts


La guerre sera leur première séparation, mais aussi indirectement leur rapprochement avec le départ de leur double carrière de sculpteurs à la fin de celle-ci. Jan est mobilisé en 1915 et part au front alors que Joël est réformé.

C’est avec la multiplication de commandes de conception de monuments aux morts que s’amorce leur collaboration. Ils en réalisent un grand nombre entre 1918 et 1925, dont le soldat de Villemeux ou la pleureuse d'Olonne sur Mer.



Le monument aux morts de Villemeux (ci-dessus et ci-dessous), dans le département de l’Eure et Loir, a été inauguré le 21 novembre 1920. Réalisé en calcaire, un modèle en plâtre fut présenté en novembre 1920 à Paris, au salon des Jeunes. On pense que les frères Martel ont obtenu cette commande par l’intermédiaire de leur ami musicien Georges Migot, né dans ce village.



Cette production réalisée en pierre de Lorraine revêt un caractère régionaliste. 


Le 9 octobre 1921, le conseil municipal d'Olonne-sur-Mer accepte à l'unanimité le projet d'un monument aux morts de la guerre 1914-1918 (plan ci-dessus)  présenté par les frères Martel, qui sont d'origine vendéenne. En choisissant de représenter une Olonnaise en costume de deuil du pays plutôt qu'un poilu, Jan et Joël Martel illustrent leur goût pour le régionalisme et le style "Art Déco". Le monument, situé sur la côte de la Violette dans le bourg, rue des Sables est signé également de Jean Burkhalter l'architecte.


Devant le constat des grandes similitudes de leurs réalisations, ils décident de signer conjointement leurs créations et s’installent dans un premier atelier au 6 rue Huygens dans le 14e arrondissement de Paris, où ils débutent leurs recherches.


Admiratifs de l’art égyptien et des arts primitifs, les deux frères n’en demeurent pas moins tournés vers l’avenir et ils se passionnent pour toutes les techniques et matériaux nouveaux qu’ils intègrent dès qu’ils le peuvent dans leur art. L’une de leur réalisation la plus importante est un projet de monument en hommage à Claude Debussy (1862-1918) conçu en collaboration avec Jean Burkhalter (projet conçu entre 1923 et 1932).

Monument aux morts de l'Université de Poitiers


Monument aux morts de l'Université de Poitiers (Vienne)

Créé en 1927, il est situé dans la salle du conseil de la faculté de droit, avec l'inscription : " Aux professeurs et étudiants morts pour la France Université de Poitiers 1914-1918 ".


Ce cliché porte une annotation : Monument aux morts de Poitiers fait pour les frères Martel en 1927, sculpté par Serieys. © Archives familiales.


Document © Inventaire Patrimoine Poitou-Charentes IVR75_20198603761NUCA_P

Auguste Serieys est un artiste peintre et sculpteur français né le 4 mai 1900 à Saint Jean de la Blaquière (34). Il est enterré dans le cimetière de Soubès où il est décédé en 1978. Il fut collaborateur des frères Jan et Joël Martel pour de nombreux monuments, ainsi que pour Paul Belmondo, Paul Dardé, André Bizette-Lindet, Maxime Real Del Carte, André Almo Del Debbio, etc.


Le monument aux morts de Pfastatt


Le monument aux morts de Pfastatt (Haut-Rhin)

A Pfastatt dans le Haut-Rhin le monument aux morts montre, sur fond d’érables, deux alsaciennes, l’une triomphante et l’autre éplorée.





La maquette grandeur nature du monument de Pfastatt avec les deux alsaciennes en costume traditionnel, en présence de leur auteur. Cliché de Pierre Ligey (cira 1948). Collection Historial de la Vendée Les Lucs sur Boulogne.


Maquette des deux Alsaciennes 

En plâtre recouvert d'un badigeon blanchâtre, représentant une alsacienne assise et l'autre debout

Hauteur : 56,5 cm. (22¼ in.) 

Signée J. J. MARTEL sur le devant de la base


Le monument aux morts de Guise


Le monument aux morts de Guise (Aisne)

Dans l’Aisne, à Soissons et Guise, les frères jumeaux réalisent trois monuments alliant le bas-relief et la ronde-bosse. Ils utilisent la pierre reconstituée, la Ferrelith, inventée par Paul Ferré leur collaborateur, et abandonnent la taille directe pour un procédé de transposition par moulage.



A la fin de la Grande guerre, 158 victimes, civiles ou militaires sont à dénombrer parmi la population du Palais social et personnel de l'usine Godin. C'est pour honorer leur mémoire que la Société du Familistère a choisi d'ériger un monument. Ce dernier fut construit non loin du Familistère Cambrai, entre la rue et le canal des usines. Des piliers maçonnés reliés par une chaîne forment l'enclos du monument adossé au canal des usines. 


Ce sont deux statuaires réputés, Jan et Joël Martel qui ont eu le privilège d'exécuter les sculptures. A cette époque, ils recoivent de nombreuses commandes de monuments commémoratifs. Ils vont s'inspirer du programme du mausolée de Jean-Baptiste-André Godin. 


De part et d'autre de la statue monumentale d'un « Poilu », deux bas-reliefs en marbre blanc représentent : La famille et le travail. La famille est illustrée par un groupe de femmes et d'enfants devant la façade du Palais social et le travail par une scène de moulage dans une fonderie.




Cliché du 22 octobre 2016 de Valérie Montalbetti Kervella

Les bas-reliefs, dont les plâtres signés sont conservés au musée Marcel Migrenne de Guise, ont été réalisés par les sculpteurs Jan et Joël Martel pour le monument aux morts de la Société du Familistère. Ils devaient à l'origine être réalisés en bronze. " La Famille " est représentée par des femmes portant ou protégeant des enfants avec le Familistère en fond. " Le Travail " est représenté par des ouvriers travaillant à la fonderie Godin.


Le bas-relief " La Famille " sculpté par Jan Martel


Le bas-relief  " Le Travail " ou " Les Mouleurs " sculpté par Joël Martel

Le monument a été inauguré le 17 septembre 1922, en même temps que la statue reconstituée du monument de Jean-Baptiste André Godin, sur la place du Familistère.






La signature gravée des frères Martel figure avec la date 1922 
Photos de Nathalie Lambert 



Inauguration du monument du Familistère de Guise, le 17 septembre 1922. 
Archives du musée du Familistère de Guise.



Les deux plâtres, les Mouleurs (ou le Travail) et la Famille, des sculptures des frères Martel sont visibles dans le pavillon du Familistère. Clichés du jeudi 9 juin 2017 Jacques Desbarbieux.




Sur ce document les deux prénoms apparaissent en bas à droite de la sculpture.


Le monument aux morts des frères Martel n'est pas facile à trouver au sein du Familistère de Guise, son emplacement n'est pas fléché. Le plus simple est, depuis le parking, d'emprunter la passerelle qui passe au dessus du canal de l'usine. Dans l'album du Familistère il n'est pas répertorié, à part (n° 12) sur ce plan qui figure en pages 12 et 13.