Mallet-Stevens




Les parcours de Robert Mallet-Stevens et des frères Martel se sont croisés à plusieurs reprises. Ceux-ci réaliseront un buste de l'architecte en 1926.





La relation de Robert Mallet Stevens avec les frères Joël et Jan Martel est difficile à résumer en un mot : Tout à la fois collaborateurs, commanditaires, voisins et amis, ils appartiennent au même courant novateur qui apparaît dans les années 1920. Les sculpteurs et l’architecte se rencontrent dans le cadre du Salon d’Automne et commencent à travailler ensemble, Mallet-Stevens incluant notamment des éléments décoratifs des frères Martel dans ses réalisations architecturales. Le projet de construction des hôtels de la rue Mallet-Stevens est lancé en 1925 et les frères Martel y achètent une parcelle dès 1926. Devenus voisins, les relations tant professionnelles que personnelles des trois hommes s’approfondissent. C’est à cette époque que les sculpteurs réalisent le miroir polyédrique que Mallet-Stevens installera dans le salon de son hôtel particulier. 


La création de l’Union des Artistes Modernes en 1929 est une nouvelle étape dans le lien les unissant. Ils collaborent jusqu’à la fin de la période d’activité de Mallet-Stevens sur de nombreux projets comme la Villa Cavrois en 1932 ou l’Exposition de 1937.

L'exposition des Arts Décoratifs - Paris (1925)

Les frères Martel participèrent à Paris à des expositions au Salon des indépendants, au Salon d'automne, au Salon des Tuileries et à l'Exposition des arts décoratifs de 1925, où ils présentent, en collaboration avec Robert Mallet-Stevens, des arbres cubistes en ciment armé qui défraieront la chronique. 






Paulette Pax devant l'arbre-sculpture des frères Martel, dans le jardin de Mallet-Stevens, Esplanade des Invalides, Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925.




La Villa Noailles à Hyères les Palmiers

Dans la Villa Noailles, que l'architecte réalise à Hyères en 1923-1928, ils exécutent également un bas-relief sur la colonne centrale du hall et un miroir polyédrique. Ci-dessous la maquette miroir polyédrique.


La rue Mallet-Stevens et l'atelier des frères Martel

Nous sommes en 1927, vers la Porte d'Auteuil, toute la bonne société inaugure en grande pompe la cité idéale de Robert Mallet-Stevens, en effet, il vient d'achever la construction d'une rue entière. Une combinaison de volumes simples, de cubes et de cylindres cassés. Immense volume et perspectives brisées. En pleine révolution cubiste, il est un porte-drapeau. Le comble du moderne. L'homme connaît alors sa première heure de gloire.

Décorateur de formation, Mallet-Stevens aime la notion d'œuvre collective et fait appel à de nombreux artistes décorateurs pour concrétiser ses projets. L'architecture devient alors aussi un art de l'ornement. Des vitraux Art Déco habillent un escalier monumental, les portes d'entrée sont l'œuvre d'un jeune ferronnier prometteur, Jean Prouvé. Parmi les riches clients de l'époque, Joël et Jan (prononcer Yann) Martel, deux jumeaux, brillants sculpteurs. Leur père commande à Robert Mallet-Stevens une maison à leur mesure, à la fois lieu d'habitation et de travail.




De nos jours, l'atelier des frères Martel est devenu un superbe loft restauré par ses propriétaires avec l'aide du ministère de la Culture. Il s'organise en modules, en cubes, sur plusieurs niveaux, autour de l'espace central. Quoique enfoncé à moitié dans le sol, l'atelier est très clair grâce à des verrières d'influence asiatique et des puits de lumière. La salle d'eau pour la préparation du plâtre a été transformée en cuisine.

C'est un immense espace très propre à Mallet-Stevens et totalement surprenant avec ses perspectives brisées, ses pans de murs coupés. Avec cet architecte, un espace nu semble déjà décoré car ce qui d'ordinaire est masqué, considéré comme inesthétique (tuyaux, conduits de cheminées, structure d'escaliers...) est utilisé comme éléments décoratifs.


La Villa Cavrois à Croix

Dans la Villa Cavrois, construite à Croix dans le Nord de la France, par Robert Mallet-Stevens de 1929 à 1932, on découvre 5 œuvres des frères Martel. Une belette a longtemps figuré dans le fumoir, ou sur la cheminée du salon, pour être maintenant exposée sur le buffet de la salle à manger parentale. On voit notamment cette sculpture sur des clichés de Véra Cardot et Pierre Joly en 1986. L'autre salle à manger, celle des enfants, située juste à côté, est décoré d'un haut-relief. Cet élément malheureusement disparu lors des heures noires de la demeure, qui a connu le vandalisme et la dégradation, a été restituée le plus fidèlement possible. Un troisième objet, en l'occurence un chat a longtemps été présent également dans le fumoir, visible sur des photographies de 1934.  
Ont également été identifié un pigeon boulant dans le hall salon et un cadre de St Christophe portant l'enfant Jésus dans le bureau.




Ci-dessus et ci-dessous la belette des jumeaux Martel dans la salle à manger des parents de la Villa Cavrois © Clichés de Robert Scheffler Amis de la Villa Cavrois


Ci-dessous la belette sculptée par Jan et Joël Martel est visible au dessus de la cheminée du hall salon de la Villa Cavrois en 1934 © Centre Canadien d'Architecture (CCA) à Montréal.


Ci-dessous, cette même sculpture, visible dans le fumoir de la Villa Cavrois en 1986 © Photo de Véra Cardot et Pierre Joly


Ci-dessous cette sculpture d'un chat assis en position dite égyptienne, est également visible, derrière le combiné téléphonique, sur des clichés pris dans la Villa Cavrois en 1934. Une sculpture identique existe au musée de Fontenay-le-Comte en Vendée. S'agit-il de la même ? © Centre Canadien d'Architecture (CCA) de Montréal.



Ci-dessous, en 1932, © cliché d'Albin Salaün montrant cette fresque des frères Martel dans la salle à manger des enfants de la Villa Cavrois.



Pour évoquer cette œuvre, l’artiste Jean Sylvain Bieth en a proposé une interprétation qui, tout en respectant les dimensions et les formes, constitue une remémoration picturale, à laquelle les ayant-droits des frères Martel ont donné leur accord.

Le haut relief décoratif des sculpteurs Jan et Joël Martel représente différents jeux et activités de loisirs : tourne disque, cartes, fléchettes, raquette de tennis, quilles, cible, damier, fusil, gants de boxe, maillet et boules pour le polo et le croquet, crosse de hockey, ballon, patins à glace, grue et caméra.




Une sculpture des frères Martel, représentant un pigeon ramier boulant, était présente dans le hall salon de la Villa Cavrois


Un cadre, réalisé par les frères Martel, figurant St Christophe portant l'enfant Jésus, se voit sur un des rayonnages de la bibliothèque dans le bureau de Paul Cavrois


Le Casino de Saint Jean de Luz

En 1923, la Mairie de Saint-Jean-de-Luz décide d'embellir le quartier des Bains en y érigeant, le long de la Plage, un hôtel de style néo-basque : La Pergola.
En 1924 le projet est étendu, on y ajoute la construction d'un casino et de galeries commerciales. Le projet initial confié à William Marcel finit par laisser place à une esthétique résolument contemporaine, Mallet-Stevens prenant alors le relais.
L.Barillet et J. Le Chevallier réalisèrent les vitraux de la rotonde vestibule du casino de la Pergola tandis que les frères Martel se virent confier l'exécution du magnifique ensemble de 18 bas-reliefs.
Cette frise monumentale ornait, dans sa partie haute, les parois latérales de la salle des Fêtes du casino de La Pergola de Saint-Jean-de-Luz.
Le thème alterne scènes de la vie locale basque (vie quotidienne et folklore) et épisodes sacrés situés dans des paysages urbains locaux qui se répondent entre eux.


Pêcheurs basques et filets de pêche