L’une de leur réalisation les plus célèbres de planisculpture est « le joueur de scie musicale » réalisé en 1927 pour la décoration métallique de la Compagnie Royale Asturienne des Mines, une œuvre qui témoigne à la fois de leurs recherches stylistiques découlant du cubisme et de leur intérêt pour les matériaux nouveaux.
Photo de l'agence Burthe et Warolin (*)
de la planisculpture des frères Jan et Joël Martel du hall d'accueil
Ce cinéma s'est d'abord ouvert sous le nom de Cinéac-Le Journal, en décembre 1931, au 5 Boulevard des Italiens à Paris.
La décoration du hall d'accueil et de la salle a été réalisée par les frères Martel avec les architectes Adrienne Gorska (sœur de Tamara de Lempicka) et Pierre de Montaut, membres de l’UAM comme les jumeaux sculpteurs. Les illustrations sont parues, avec un article de Georges Rémon, dans la revue Mobilier et Décoration du 1er janvier 1932. Le Journal Montparnasse.
Pour les décors de la salle du cinéma, les frères Martel réalisent des compositions métalliques avec au plafond des motifs ornementaux inspirés des signes du zodiaque et aux murs des cartes en relief dénommées la terre interprétée.
La salle du cinéma " Le Cinéac ", vue prise depuis l'écran
Photo de l'agence Burthe et Warolin (*)
La salle du cinéma " Le Cinéac ", vue prise depuis le fond de la pièce
Photo de l'agence Burthe et Warolin (*)
(*) Burthe & Warolin était une importante société et agence de photographie d'art active principalement à Paris durant les années 1920 et 1930. Elle était notamment installée au 72 rue du Rendez-Vous dans le 12e arrondissement.
Une salle de cinéma Adrienne Gorska et P. de Montaut, architectes
Depuis quelque temps, Paris s'est enrichi de salles de spectacles cinématographiques d'un type assez particulier, nous voulons parler de celles qui sont réservées aux « actualités », bien faites pour attirer un public de plus en plus avide de visions réelles, dont il savoure la variété et l'universalité et tout ensemble, la brièveté.
L'actualité, c'est le journal projeté sur l'écran, l'image expliquée, précisée par le commentaire parlant et sonore, c'est le monde en raccourci, le monde entier sur six mètres carrés de toile. L'œil éduque l'esprit et l'initie, grâce aux prouesses de l'objectif, à voir et à appréhender des portions de l'univers qui jusqu'alors échappaient à son investigation.
On comprend l'intérêt direct, souvent prodigieux de représentations qui ouvrent de telles perspectives.
Aussi bien, le succès remporté d'emblée par ces sortes de spectacles ne s'est-il point démenti, comme nous pouvons le voir chaque jour et quasi à toute heure au cinéma des actualités du Journal, ouvert, il est vrai, dans un des lieux les plus actifs de Paris, en plein faubourg Montmartre.
Mais il convient de souligner avec quelle clairvoyance et quel goût Mme Adrienne Gorska et M. P. de Montaut à qui la construction et la décoration de la salle ont été confiées, ont su respecter les données psychologiques du problème à résoudre.
Une entrée accueillante, engageante, une salle aménagée de telle manière que la vision et l'audition soient parfaites à toutes les places, des dégagements aisés, comme il sied dans une salle où le spectacle est « permanent », où les allées et venues sont incessantes, une décoration sobre, on pourrait dire : de tous les temps et de tous les pays, neutre, mais pourtant raffinée dans ses recherches d'harmonie et de confort distingué, tels sont, en résumé, les points principaux du programme traité par Mme Gorska et M. de Montaut avec beaucoup de mesure et d'à-propos.
On pénètre dans la salle par des portes en chêne givré, avec poignées de cristal. A l'intérieur, l'harmonie des couleurs joue sur les tons vert et tête de nègre contrastant avec la peinture blanche des murs et du plafond.
Le sol est revêtu d'un tapis caoutchouc tête de nègre, couleur rappelée par les dossiers des sièges et sur la paroi par les stylobathes.
La tonalité verte est celle des sièges et se retrouve sur les plinthes des murs.
Le décor ? La terre, « rien que la terre », interprétée en une succession de cartes par les frères Joël et Jean Martel, à qui sont dus également les motifs ornementaux du plafond.
Mais surtout, on leur doit l'heureuse composition métallique qui figure à l'entrée, composition à laquelle leur talent, moderne dans la meilleure acception du terme, imprime un graphisme en relief - ces mots ne jurent pas ici d'être accouplés - du plus spirituel effet.
Nous aurons prochainement l'occasion de revenir sur les architectures de cinémas d'« actualités » quand nous pourrons présenter la salle que Mme Gorska et M. de Montaut viennent de construire sur le boulevard des Italiens et où ils ont pu mettre en jeu les mêmes formules, mais sur un plan plus vaste et avec des moyens plus considérables qui en feront, notamment en ce qui concerne la façade et l'utilisation des matériaux, tout autre chose qu'une redite.
G. Rémon
Voici maintenant quelques résultats d'importantes mises au point :
Les portes de Jean Prouvé, et surtout les cloisons métalliques qui permettent toutes les combinaisons avec des panneaux pleins, des châssis vitrés et des toiles. L'ensemble est standardisé. La pose s'accomplit rapidement, sans scellement. Les cloisons insonores sont munies d'un isolant.
Auprès d'un remarquable projet d'hôtel, M. Guevrekian expose un élément standard de fenêtre. Cet élément de trois mètres peut être multiplié selon l'ouverture totale de la fenêtre. Un volet roulant en tubes de duralumin est placé à l'intérieur, ce qui permet de placer la fenêtre au nu de la façade. Par un dispositif de rampe lumineuse à l'intérieur, à la nuit, le volet fermé devient une surface réfléchissante et lumineuse.
Passons avec indifférence devant des sculptures d'une stylisation archi-périmée.
Un spectacle édifiant nous attend dans une salle réservée à l'art publicitaire. MM. Martel savent réaliser, avec des feuilles de métal, des compositions adroites et spirituelles. Leur « Triomphe du Blanc», qu'ils construisirent avec le concours de M. Carlu, est une parfaite réussite du genre. Des affiches égaient les murs; un échafaudage se pavoise d'affiches d'U. R. S. S. ; celles-ci sont puissantes, brutales, confuses et sèches. Il y a autant d'intensité, avec en plus de la dextérité, du charme, de l'art enfin, dans les œuvres de ces maîtres de la couleur et de la « mise en muraille » : Loupot, Cassandre, Claude Lemeunier, Colin. Une émotion intense se dégage des affiches tragiques de Carlu, pour « la Dette », et le « désarmement des nations » (cette dernière comporte un agrandissement d'une belle photographie de Vigneau).
Citons encore, auprès des reproductions d'éclairages de Salomon, des ensembles de photographies de Robert Parry et Maurice Cloche.
Marcel Zahar.
Le grand cuisinier (1934)
C'est lors du XIème Salon des Arts Ménagers de 1934 que sera exposée cette œuvre gigantesque des frères Martel. Mesurant six mètres de hauteur cette métallosculpture réalisée en aluminium est une réalisation commune avec Jean Carlu et le constructeur J. Brasseur.
Marie-Mécanique (1935)
D'après le modèle créé par Francis Bernard en 1930, les frères Martel ont conçu pour le XIIème Salon des Arts Ménagers une planisculpture nommée Marie-Mécanique.
Jusque dans les années 1950, Marie était le prénom de travail imposé à la domestique dans les maisons bourgeoises. Il y avait aussi de nombreuses Maria d'origine portugaise.
Vue anatomique détaillée de la mé(na)gère apprivoisée. Affiche de la manifestation du MLAC du 8 mars 1975
Cet appareil que l’on appelle « une femme » existe depuis la plus haute antiquité. Il effectue tous les travaux ménagers avec un silence appréciable. Une fois acquis pour une somme relativement modique (frais de mariage, etc…) sa rentabilité est de 100 %. Il demande en effet peu d’entretien et dure toute la vie.
Toutes sortes d’accessoires à peine plus coûteux peuvent lui être greffés : aspirateur, machine à laver, à coudre, mixer, couteau électrique, etc… Vraiment, c’est une affaire !!!
Main : élément principal servant à effectuer le travail ménager
Tête : ayant surtout un rôle décoratif, c’est un élément mineur
Fleur : ceci symbolise la fragilité de la femme (mais on note une grande résistance aux travaux les plus durs)
Cheveux : différentes couleurs peuvent être obtenues par teinture.
Visage : il peut s'orner de quatre éléments facultatifs yeux, nez, bouche, oreilles, que
l'on peint de diverses couleurs attrayantes
Balai : un des nombreux accessoires que l'on peut greffer à la femme
Robe : élément décoratif du châssis. Il existe plusieurs modèles : du plus ordinaire au plus luxueux
Jambes : partie fervent au déplacement. À leur extrémités, elles sont généralement agrémentées de pieds mignons (ils ne figurent pas sur cette planche).
Danseurs (1937 ?)
















































