Le chalet des Gets

Quand on associe Robert Mallet-Stevens avec le terme “ chalet ”, on évoque la demeure de Maison-Laffite appelée ainsi car les Mallet y recevaient des artistes comme Degas, Pissarro, Monet et Sisley. 



Un chalet (un vrai), lui est attribué en Haute-Savoie aux Gets, au lieu dit de La Mouille-aux-blés. Dans un état assez dégradé, il était promis à la démolition. 



Ce thème architectural est unique dans l’œuvre de Mallet-Stevens, il n’a construit que six villas. Pour ce chalet, il se soumet au vocabulaire de l’architecture vernaculaire en optant pour une structure à ossature bois bardée de clins horizontaux. 


Le plan rectangulaire écarte toute composition pittoresque, renonce à toute symétrie, au traditionnel soubassement en pierre et adopte une toiture monopente. L’intérieur est ouvert à la lumière, rationnel, parfaitement équipé, adapté à la fonction. Les matériaux ne sont pas coûteux, la qualité vient de la valeur d’usage du mobilier et des espaces. Ainsi l’aménagement intérieur est-il soigneusement dessiné. 

En 1924, il déclare : “ Rationnel, le logis de demain sera commode, habitable, sain, clair, parce que là sont ses véritables devoirs. ”








Une œuvre commune de Robert Mallet-Stevens et des frères Martel



Un article publié dans Architecture & Stations




Quelques commentaires au sujet du chalet Martel-Mallet-Stevens

Décembre 1938
Le chalet est une petite merveille. Nous étions enthousiastes en le visitant. La vue des fenêtres est splendide. Le chalet à l’air d’être venu du ciel se poser dans le plus joli cadre. Beaucoup de compliments.
Docteur Girault. Cet ophtalmologiste faisait partie du groupe des danseurs maraîchins. Grand ami des Martel, il était propriétaire du moulin de la Belle Etoile.

6 février 1939
Cher Monsieur
Nous sommes merveilleusement installés à la Mouille-au-Blé. Tout est admirablement conçu et se révèle parfait à l’usage. Nous sommes heureux comme des rois et prenons notre petit déjeuner en tenue « bains de soleil » sur la terrasse. Le temps est avec nous, pas un nuage. Et surprise de la fenêtre on a pleine vue sur le Mont-Blanc. Nous ne saurions trop vous féliciter et vous remercier pour votre initiative qui nous enchante. 
J. et L. Bloch

Février 1939
C’est absolument étonnant et nous avons tous été enthousiasmés. Je ne pensais pas que c’était si grand. Tout va bien dans le chalet et tout si bien combiné. Quel confort ! Et il fait si beau. Nous sommes tous heureux de trouver ce chalet si confortable si haut perché. Quelle vue merveilleuse et comme il est bien situé. Nous étions vraiment bien cette nuit. Il fait très bon dans le chalet. Tout le monde est enchanté et chaque jour l’on y découvre une invention pratique. Vraiment tout y est très réussi et aussi comme exécution.
D. Gartia

1939
Le chalet est admirablement conçu et aménagé, les oreilles ont dû vous tinter, car nous avons souvent tous chanté vos louanges. C’est bien dommage que vous ne soyez pas là pour entendre nos acclamations d’émerveillement.
J. L. Duchemin. Cet ami des Martel était le fondateur de la Société des artistes, droits d’auteur.

1939
Grâce à vous ce chalet nous rend la vie magnifique.
T. Cadoulé

1939
Merci mille fois. C’est extraordinairement beau et bleu. Je n’avais jamais imaginé tant de confort en montagne : des porte-manteaux, des tiroirs, des placards, de la lumière, de la chaleur. Et quelle vue ! Merci mille fois.
Jean Langevin. Un autre grand ami des Martel, professeur de physique à la Sorbonne c’était le fils du physicien Paul Langevin. Il était également danseur dans le groupe fondé par les Martel.