Les réalisations messines des frères Martel

Les frères Martel ont été sollicités pour plusieurs réalisations dans la ville de Metz. Des œuvres concernent deux édifices religieux, la Cathédrale Saint Etienne et la Basilique Saint Vincent, et une autre le monument civil de la statue du Maréchal Fabert.

La Cathédrale Saint Etienne

La Basilique Saint Vincent

La statue du Maréchal Fabert

C'est à l'occasion du déplacement de la statue du Maréchal Fabert que les frères Martel sont intervenus. Il s'agissait de mettre en valeur le parcours de ce grand stratège de Louis XIII et Louis XIV. L'œuvre a consisté à la réalisation de 4 plaques en bronze qui furent fixées sur le nouveau piédestal de la statue.

Réalisée par le sculpteur Antoine Etex, cette statue a été inaugurée sur la place d'Armes de Metz le 30 novembre 1842 pour rendre hommage au célèbre maréchal de France et stratège natif de la ville, Abraham Fabert. Pendant l'occupation allemande, les forces nazies déboulonnaient de nombreux bronzes pour les envoyer à la fonte. Des habitants de Metz ont organisé une expédition clandestine pour démonter et cacher les bronzes (dont ceux de Fabert et de Ney) dans le jardin du couvent des Pères Franciscains (rue Marchant), où ils sont restés jusqu'à la Libération en décembre 1944.

Après un retour provisoire, des marchés de maçonnerie et de pierre de taille de Jaumont ont été actés (notamment en 1955-1956) pour déplacer, réajuster et restaurer le socle et l'implantation de la statue sur la place d'Armes, avec la participation notable des sculpteurs Jan et Joël Martel pour les ornements du socle.


C'est sur la face principale antérieure du piédestal qu'est fixée la plaque de bronze avec la signature J Martel, en bas à droite. 

Sur la face arrière du piédestal figure la célèbre réponse de Fabert au cardinal de Mazarin qui l'interrogeait sur sa fidélité et sa rigueur militaire. La plaque en bronze porte la mention exacte : « Si pour empêcher qu'une place que le Roi m'a confiée ne tombât au pouvoir de l'ennemi, il fallait mettre à la brèche ma personne, ma famille et tout mon bien, je ne balancerais pas un moment à le faire ».

Les deux faces latérales reprennent des blasons avec les noms de dix villes qui furent historiquement significatives dans la carrière de Fabert, en deux catégories bien précises.

Sur la plaque fixée du côté est sont évoquées les 5 places fortes de sa carrière administrative et de défense.

Ces villes sont principalement liées à sa gouvernance et à la pacificatio et la sécurisation des frontières de l'Est.

• Sedan : La ville la plus importante de sa seconde partie de vie. Il en fut nommé gouverneur en 1642 par Louis XIII et y mourut en 1662. Il transforma cette principauté turbulente en une place forte française modèle.

• Sélestat, Haguenau, Colmar et Benfeld : Ces quatre villes d'Alsace renvoient à son rôle majeur d'administrateur militaire. Durant la guerre de Trente Ans et les traités de Westphalie, Fabert a activement œuvré à soumettre, fortifier et intégrer ces places alsaciennes stratégiques sous l'autorité de la Couronne de France.


Sur la plaque côté oues, ce sont les 5 grands champs de bataille et sièges victorieux.

Ces localités incarnent ses coups d'éclat tactiques les plus célèbres.

• Stenay : Son chef-d'œuvre. C'est après avoir dirigé ce siège de manière scientifique en 1654 qu'il gagna son bâton de maréchal.

• Arras : Siège majeur de 1640 où Fabert s'illustra en brisant les lignes espagnoles.

• Landrecies : Prise de la ville en 1655 face aux troupes espagnoles, confirmant sa maîtrise de la guerre de siège.

• Saint-Jean-de-Losne : En 1636, il participa à la défense héroïque de cette petite ville de Bourgogne contre les troupes impériales de Galas, un événement qui lui valut une immense reconnaissance populaire.

• Suse en Piémont : L'un de ses premiers faits d'armes d'envergure en 1629, où il força l'étroit et redoutable Pas de Suse dans les Alpes.